L'Atelier
Le métier de lapidaire est simple : c’est l’art de tailler et de polir les pierres précieuses et fines. Mais aujourd’hui, ce savoir-faire a été presque entièrement dénaturé par l'industrie.
La majorité des pierres sur le marché passent par des usines ou des ateliers à l'autre bout du monde. Là-bas, la matière est traitée à la chaîne, sans aucun respect. Pour aller vite et faire du profit, les industriels ou ateliers sauvages n'hésitent pas à tricher : ils sautent des étapes, parfois injectent de la résine, teignent les minéraux chimiquement ou les chauffent artificiellement pour masquer les défauts. La pierre n'est plus respectée, elle est salie, uniformisée et transformée en produit de consommation de masse avec un désastre écologique enorme.
J'ai décidé de tailler pour prendre le contre-pied exact de ce désastre. Face à ma meule, mon but est de rendre hommage à ce que la Terre a mis des millions d'années à créer, sans chercher à la modifier ou à la dénaturer pour plaire à des standards industriels.
Être lapidaire indépendant, c’est refuser cette logique. Je passe énormement de temps sur le brut puis derrnière les meules pour trouver la coupe et les proportions justes, à l'œil et au toucher. Si une pierre a des inclusions ou des lignes de croissance naturelles, il faut jouer avec. C'est ce qui fait son histoire et son authenticité.
Cet engagement s'applique aussi au sourcing. Je refuse d'acheter mes bruts auprès des gigantesques complexes miniers qui détruisent l'environnement et exploitent l'humain. Je cherche des filières directes, des petites exploitations artisanales et des mines à taille humaine où la provenance est claire et traçable.